un roman d'Emmanuelle Richard
"Hommes" est un roman d'Emmanuelle Richard. Je le conseille aux hommes comme une lectrice me l’a conseillé.
je n’aime pas le terme de deconstruction. j'apprécie que la lecture nous reconstruise en nous offrant nouvelles pensées et nouvelles sensations en partage. L’autrice y parvient avec un portait de femme à fleur de peau et deux portraits d’hommes-ogres-gentils géants.
synopsis : Léna se rappelle de deux de ses amants rencontrés alors qu'elle travaille dans des fermes contre le gîte et le couvert . Aiden le géant à la violence rentrée. Gwyn aux belles mains dures de travailleur à la tendresse tapie, à la sensualité retenue qui finira par jaillir au terme d'une longue et belle période d'observation. Dit ainsi le roman n'aurait rien de très original. Mais voilà : il y a l'écriture d'Emmanuelle Richard, sa capacité à déconstruire le désir masculin, à sublimer le désir et le plaisir féminin à les passer au tamis d'une écriture féministe et sensuelle. "ma chair accolée à la sienne/paysage laiteux, onctueux, ondoyant" Dans les références et inspirations citées par l'autrice il y a les podcasts jouissifs de Maia Mazaurette, les chansons d'Yseult, de Joanna et de Julien Doré. Les livres de Mona Chollet, de Constance Debré et de Virginie Despentes. J'ai aimé ce roman par ce qu'il percute la masculinité mais sans lui faire mal dès lors que le féminisme en littérature comme en politique ne s'inscrit pas dans l'abaissement du masculin mais dans la lutte contre le virilisme et les violences sexuelles. Au plan sensuel à lire les mots d'Emmanuel Richard on parcourt des paysages de plaisir délicats faits de courbes, d'effleurements, de silence et de ces délicatesses qui permettent de vaincre les peurs enfouies ou les blessures tenaces. Au fond, sans didactisme, Emmanuelle Richard offre à lire son corps son cœur et son ame mis à nus. En inscrivant cette incarnation dans un temps de quête et une époque de recherche d'un nouvel équilibre sensuel et d'une authentique égalité entre les femmes et les hommes. À lire.